Il était là, assis sur un banc, entouré de filles plus jolies les unes que les autres. Je voulais lui faire une surprise, lui rendre une petite visite. La vue de son sourire si naturel et spontané me stoppa. Je le voyais rire avec elles. Pourquoi gâcher ce moment si bon pour lui alors que je pourrai tout simplement faire demi-tour ? Je les regardais de là où j'étais. Je m'assis sur les marches et les épiais. Je pouvais voir ses yeux s'illuminer quand il leur parlait. Je pouvais les voir passés d'une fille à une autre. Mais je ne voyais pas ces petites étoiles qui y scintillaient quand il me regardait. Bizarre. Je dois sûrement me faire des illusions. Une fille amoureuse se fait toujours des illusions. Je m'avance pour pouvoir bien les voir. Effectivement, je ne retrouve pas mes étoiles. Pourtant, elles avaient tout de plus que moi. Elles étaient belles, grandes, intelligentes, marrantes, et j'en passe. Elles riaient à c½ur joie avec lui. Et il riait aussi. Sans moi. Alors pourquoi vouloir à tout prix rester ici à les regarder ? Simplement par curiosité et surtout par jalousie. Cette jalousie qui touche toutes les personnes amoureuses qui ne désirent pas partager ne serait ce qu'un simple instant avec l'être aimé. Cette jalousie que j'éprouvais au moment où une fille se rapprocha de lui. Une envie folle de me lever, de la regarder droit dans les yeux et de lui dire : « Ne t'approche pas de lui. Ne le touche pas. Ne pense même pas qu'un jour, tes lèvres se poseront sur les siennes. » Mais je restais là, bloquée. Que pouvais-je bien faire puisque nous n'étions pas ensemble ? Il ne m'appartenait pas. Je ne lui appartenais pas. Résignée, je commençais à refaire mon lacet pour me lever et reprendre le fil de ma vie. Je leur tournais le dos pour m'en aller quand j'entendis mon prénom. Non, ça ne pouvait pas être lui, je ne faisais que rêver. Ca devait être une de ces filles qui s'appelait comme moi et puis c'est tout. Je continuais à marcher sans me retourner, l'esprit vide. Soudain, je sentis une main m'attraper le bras. Sans offrir de résistance, je me laissais tirer. Tournant la tête, je le vis. Mes étoiles, sa tresse, son grain de beauté, ses lèvres, son sourire. Tout. Absolument tout en lui me donner l'envie de sourire. Je ne pensais même plus à ces filles derrière lui qui devaient m'envier en cet instant. Je ne pensais plus à rien puisque que mes pensées n'allaient que vers lui. C'était un peu mon centre d'attention, la source de mes joies et mes peines et la personne que j'aimais le plus. Et il était là, juste devant moi. Il s'approcha et me fit un bisou. Moitié joue, moitié lèvre. Je rougis de plaisir. Penser qu'il pourrait éprouver la même chose que moi me rassura. Il avait toujours cette même odeur, ce même parfum si enivrant qui me donne envie de lui sauter au coup. Une des filles l'appela en me snobant et lui dit de venir. Sachant pertinemment qu'il irait les rejoindre, je commençais à partir, le sourire perdu. Et puis je sentis ses doigts m'envelopper la main. Surprise, je sursautais et le regardais droit dans les yeux. A quoi jouait-il avec moi ? Calmement, il regarda nos mains liées. J'ai cru le voir rougir ou alors c'était seulement le reflet du soleil sur sa peau claire. Il leur répondit qu'il arrivait. Joyeuses et satisfaites, elles me regardaient en rigolant. Je commençais à lâcher sa main. Il s'avança vers moi et me chuchota quelque chose à l'oreille dont je me souviendrai toujours. De simples mots qu'on n'oublie jamais. De simples mots qu'on prend plaisir à écouter. Un simple « Je t'aime. » murmuré au creux de mon oreille.